Comment bien photographier le lapin de garenne

Je vous propose aujourd’hui d’apprendre à photographier le lapin en suivant les précieux conseils de Nicolas Davy, un talentueux photographe francilien. Nicolas partage régulièrement ses images dans la section photo du forum Hardware et a gentiment accepté de partager ici ses astuces concernant le lapin de garenne. Vous pouvez également le suivre sur Facebook : https://www.facebook.com/NicolasDPhoto.

Le lapin de garenne

Le lapin de garenne, ou lapin commun (Oryctolagus cuniculus) pour les intimes. Présent en Europe occidentale et en Australie (introduit par l’homme qui pensait bien faire comm d’hab’ et qui fout maintenant le zbeul là-bas), c’est le lapin de base qui a servi à concevoir les autres lapins domestiques trop pooshoo pour les futures coiffeuses provinciales fans du macumba club. Mais je m’égare !

Petite confusion que l’on entend souvent : le lapin n’est pas un rongeur ! Il a certaines caractéristiques différentes de ces derniers : il ne mâche pas dans le même sens, il a deux paires d’incisives au lieu d’une et il n’a pas le même nombre de doigts de pied.

Quelques infos en vrac :
– ses oreilles sont normalement plus courtes que celles du lièvres
– ses yeux sont plus sombres que ceux du lièvre
– pour distinguer le mâle il faut regarder la forme de sa tête (plus large)
– gestation de 31j seulement (on comprend pourquoi ils peuvent se révéler envahissant)
etc…

Modèle d’exposition

D’ailleurs la baise, parlons-en ! Le lapin est connu pour être au taquet dans ce domaine : en effet, il n’y a pas vraiment de période de reproduction, celle-ci a lieu toute l’année (avec moins de naissances en automne/hiver cependant : quand il fait froid on a moins d’entrain pour la chose…). On dénombre en moyenne 3 à 12 lapereaux par portée et 3 portées par lapine et par an… Bref c’est le boxon et heureusement qu’il y a pas mal de mortalité.

Un petit jeune

Un petit jeune

Côté mensurations, on n’est pas face à un gros animal : moins de 50cm de long, il pèse entre 1.2 et 2.5 kg. On le reconnait à la touffe de fourrure rousse présente sur sa nuque.

Le lapin commun est un animal qui sort peu en journée ; il est plutôt nocturne et on l’observe plus facilement tôt le matin ou le soir. Côté photo, je vous conseille d’y aller le soir, c’est là je trouve qu’ils sont le plus détendus et plus faciles à toffer (constatations effectuées en Bretagne/IdF). Perso j’ai fait pas mal de sorties cet été vers 19h/19h30 jusqu’à 21h environ, en ce moment j’y vais de 18h30 à 19h30 (coucher du soleil oblige).

Un exemplaire un peu abimé

Les lapins vivent souvent en groupe et se préviennent mutuellement des dangers en approche (le fameux coup de patte arrière). Attention donc à vos approches, et si vous en effrayez un, n’espérez pas trop que les autres restent bien tranquilles… mais c’est le jeu ! Le but restant bien sûr de ne pas les déranger 🙂
En théorie, le domaine d’un groupe de lapins s’étend sur un dizaine d’hectares… Difficile à vérifier bien sûr sur le terrain mais je vous laisse l’info ici.

Un lapin à la toilette (comportement très régulier sur le terrain)

Et on se gratte !

La détente

Le lapin est bien évidemment herbivore. Mais il a aussi une autre petite habitude sympa : il mange ses propres crottes (caecotrophie). Cela lui permet de refaire passer les nutriments une deuxième fois dans son système digestif et ainsi d’avoir plus de chance de les absorber (plus de détails ici : http://www.ffc.asso.fr/cadre_connaissance_du_lapin.htm). Le lapin creuse souvent pour dénicher des racines ou des bulbes, il sait aussi se dresser pour manger le bas de certains buissons (j’ai ce comportement en photo, mais une seule fois et avec des feuilles devant). Le lapin a un fort impact sur les zones où il est présent. Là où je vais, il est clair qu’il empêche énormément de plantes de pousser…

Lapin en train de déterrer des racines

Les buissons font les frais de la présence des lapins dans les parages

Le lapin de garenne vit dans des garennes.
Qu’est-ce qu’une garenne?

Une garenne est un espace boisé ou herbeux où vivent des lapins sauvages. C’est aussi un terrier possédant de multiples entrées.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Garenne

Le terrier : les terriers sont souvent bien visibles et il est facile de les repérer (notamment grace à la terre rejetée par le creusement dudit terrier). Leur présence est un des indices principaux pour savoir si le terrain que l’on parcourt est habité par les lapins. Le second indice est la présence de crottes, en grand nombre, on ne peut pas les louper ! Restent ensuite les empreintes etc… mais je ne suis pas expert. Les terriers d’un groupe sont souvent reliés entre eux, et permettent aux lapins d’avoir pas mal de voies de sortie pour vous échapper.

Lapin de garenne à la sortie du terrier

Lapin en sortie de terrier (ATTENTION : ne pas trop les déranger à ces endroits

Le lapin fait partie des gibiers les plus chassés par l’homme, plusieurs millions par an rien qu’en France. Dans certaines zones, il a quasi disparu et pourrait être classé comme espèce menacée, là ou ailleurs il est classé comme envahissant : ce qui s’est produit en Australie… L’Australie donc où les lapins sont devenus TRES envahissants. A l’origine une vingtaine de lapins ont été introduits à la fin du 19eme siècle : ils étaient plus de 30 millions (oui oui) 50 ans après… Du coup l’homme, du haut de son intelligence ravageuse, a introduit d’abord la myxomatose puis le virus hémorragique pour tenter de limiter leur prolifération (bah oui faisons souffrir ces pauvres machins qu’on a nous même déposés ici, logique !). Autre méthode : ils ont introduit le renard sur leur continent… à voir si ça ne causera pas encore plus de soucis plus tard…

Comment photographier le lapin ?

C’est ici que je vais vous mettre 2-3 conseils, ou en tout cas infos que j’ai pu glaner et utiliser :
– les horaires : cf ce que je disais plus haut : le matin ou en fin de journée
– son champ de vision : quasi circulaire (cf la disposition de ses yeux de part et d’autre de son crâne) : il vous verra approcher, soyez en sûr ! Dans ce cas deux solutions : y aller VRAIMENT doucement (ce que je fais en général), ou poser un affut dans une zone fréquentée (ce que je fais en Bretagne parfois)
– ses oreilles : of course il s’agit de son sens le plus développé, donc s’il y a une chose à ne pas faire, c’est du bruit ! J’ai déjà pu faire des approches à 15 mètres en étant silencieux, alors que les trucs s’enfuient à 50m si je fait craquer une branche… Les oreilles couchées en arrière signalent un lapin stressé, et les oreilles pointées vers le haut et le lapin sur ses pattes arrières montrent souvent un lapin en alerte ! Dans ce cas : attendre un peu, s’il reprend ses activité (souvent grignoter), tout va bien, sinon… espérons qu’il ne s’en aille pas. S’il s’en va, on ne le suit pas of course, pas besoin de le stresser, on reviendra plus tard.

Une approche réussie de face (rare de la voir autrement que de profil) avec un lapin qui continuait à boulotter tranquillement le gazon

Exemple de lapin en état d’alerte

Lapin détendu en plein repas

– La lumière : qui dit matin ou soir dit soleil rasant, du coup vous aurez souvent le soleil en pleine gueule si vous voulez des images sympas de type contre-jour ou bokeh sympa… A vous de voir mais faites attention à ne pas vous cramer les yeux en visant le soleil avec le télé.

Le bokeh c’est la vie

– Le point de vue : on s’allonge. On s’allonge. Et on s’allonge. ON SE MET AU NIVEAU DU SUJET. (Sauf cas spécial).

Comme lui, on s’allonge !

Un essai debout

– le matériel : pour de la prise de vue « posée » pas besoin de gros trucs, le lapin ne bouge pas des masses s’il n’est pas stressé/en interaction avec les autres. Pour de la prise de vue en course : on prend un télé qui ouvre car on est là quand il y a pas trop de soleil et qu’on a besoin d’un bon AF.

Du bokeh et de la course… que demande le peuple ?

Voila voila
Espérons que ca vous plaise
Adios !

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